Pourrons-nous encore voir une opération de chirurgie esthétique sur les réseaux sociaux ? Si vous ouvrez Facebook, Twitter, Instagram ou n’importe quel autre réseau social, vous avez, avec un minimum de recherche, la plus grande concentration de supports vidéo montrant des opérations de chirurgie esthétique.

Ce phénomène planétaire et en forte progression attire le nombre de vues et provoquent des buzz à la chaine. Pourtant, s’il existe encore une utilité pédagogique à filmer des interventions de chirurgie, certains praticiens, se mettant en scène lors d’interventions filmées, se comportent  comme les stars qui défilent dans leurs cabinets en cherchant à divertir par tous les moyens leurs abonnés.

 

Cette attitude, indigne de la part d’une corporation se revendiquant comme une élite, dérange et fait réfléchir des chirurgiens soucieux de leur image et de l’impact de cette dernière sur l’opinion.

Gênés de voir de plus en plus de praticiens utiliser leur smartphone dans un bloc opératoire pour se divertir, les membres du Centre Médical Northwestern, situés dans l’état de l’Illinois aux  Etats-Unis, ont récemment publié dans une revue scientifique de référence internationale, Plastic and Reconstructive Surgery, un appel à un sursaut de déontologie afin de bannir ce genre de comportements des blocs opératoires.

« Les médias numériques sont comme des amplificateurs de nature humaine, pour le meilleur et le pire, explique Clark Schierle, chirurgien plastique certifié et auteur principal du papier. Dans la chirurgie plastique, nous ne faisons pas exception. »

Ils sont nombreux à faire les clowns sur leur réseaux sociaux en tentant de rendre agréable et drôle ce qui reste une opération de chirurgie esthétique avec un être humain allongé sur une table d’opération. Certains s’amusent à montrer un bocal rempli de litres de graisse retirée par une liposuccion en parlant de « smoothie maison ». D’autres chirurgiens esquissent quelques pas de danse durant une opération ou la vie du patient ne tient qu’un fil.

Contrairement à un plombier s’amusant avec votre vieux évier défectueux sur Instagram, voir votre graisse retirée par une liposuccion se balader sur le mur Facebook de votre chirurgien ne doit pas être le spectacle le plus plaisant qu’il vous a été donné de voir et on peut aisément comprendre la détresse de certains patients exposés comme une vulgaire marchandise.

Pourtant le principal syndicat des chirurgiens plastiques, l’American Society of Plastic Surgery (ASPS), revendique déjà un code d’éthique strict. Ce dernier stipule que la sécurité des patients est au-dessus de toute autre considération. Ce que Clark Schierle souhaite dorénavant c’est que l’intégrité physique du patient ne soit plus la seule priorité des praticiens qui doivent dorénavant se soucier aussi de préserver l’intégrité morale  de leurs patients et de ne pas divulguer des vidéos exposant une  jeune fille venue pour une augmentation de la taille des seins.

Espérons que cette fâcheuse manie des chirurgiens plastiques de prendre des selfies outranciers en tenue de travail ensanglantée face à des abdomens ouverts cesse une bonne fois pour toute.